Thématique Les Permanences d'Accès aux Soins de Santé (PASS)
Chiffres
3 personnes sont salariées à la PASS : une infirmière, une assistante sociale et un interprète.
14 médecins vacataires travaillent à la PASS.
15,7 consultations en moyenne par PASS (par après-midi).
22 ans est la moyenne d'âge des patients reçus à la PASS.
Définition
Les permanences d’accès aux soins de santé (PASS) sont des cellules de prise en charge médico-sociale, qui doivent faciliter l’accès des personnes démunies non seulement au système hospitalier mais aussi aux réseaux institutionnels ou associatifs de soins, d’accueil et d’accompagnement social.
Ministère de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative
Les PASS de Médecins du Monde
Les clandestins bien soignés à la PASS de Calais
A Calais, les clandestins reçoivent des soins de santé. Mais la mission migrants du littoral Nord-Pas-de-Calais peine à accéder aux migrants cachés dans les squats.
La fermeture du centre d'hébergement de Sangatte, en novembre 2002, n'a pas tari le flux des clandestins en transit vers l'Angleterre. Des bénévoles de MdM ont assuré des consultations médicales et infirmières jusqu'en décembre 2006, date à laquelle une PASS (permanence d'accès aux soins de santé) a vu le jour à l'hôpital de Calais. C'est la seule de la région. Des consultations ouvertes cinq après-midi par semaine accueillent entre 15 et 30 personnes. Parmi les patients reçus par l'équipe médicale, les Pakistanais, les Afghans, les kurdes d'Irak sont les plus représentés.
«Les soins médicaux, principalement pour des problèmes dermatologiques, des troubles ORL et digestifs, sont dispensés dans de bonnes conditions. Le lieu est agréable et toutes les personnes peuvent se doucher avant de voir un médecin», se félicite Martine Devries, médecin généraliste responsable de la mission migrants du littoral Nord-Pas-de-Calais.
Les actes médicaux nécessitant un spécialiste et les examens complémentaires sont pris en charge par l'hôpital de Calais. Sauf les soins dentaires, pour lesquels le dossier est à l'étude. L'un des points noirs de la mission reste l'accès aux personnes cachées dans des squats loin de Calais. «Elles sont environ 500, en grande souffrance physique et psychique, sans eau, ni WC, ni douche. Parmi elles, il y a beaucoup de mineurs isolés, explique Martine Devries. Et ielles sont harcelés par la police.» Une consultation est organisée une fois par semaine seulement et les bénévoles de MdM travaillent dans des conditions difficiles, parfois à l'arrière du coffre de leur voiture. «L'obtention d'une camionnette améliorera la qualité et la rapidité de ces interventions nécessaires», espère Philippe Pluvinage, coresponsable de mission.
A., Kurde irakien de 24 ans, rencontré en août 2007, par la mission mobile de MdM dans le Pas-de-Calais.
"Diplômé d’anglais, il était professeur dans un lycée. Il a servi d’interprète aux Américains présents dans sa région. Lorsqu’ils sont partis, il s’est retrouvé à la merci des opposants à la présence américaine en Irak. Il a en sa possession un document qui prouve que sa vie était menacée. Le médecin de Médecins du Monde le reçoit pour des plaies sur la main gauche qu’il se taille à chaque fois qu’il ne parvient pas à passer vers l’Angleterre. Il a de plus en plus de difficultés à supporter l’idée qu’il pourrait échouer si près du but".
Chiffres
3 personnes sont salariées à la PASS : une infirmière, une assistante sociale et un interprète.
14 médecins vacataires travaillent à la PASS.
15,7 consultations en moyenne par PASS (par après-midi).
22 ans est la moyenne d'âge des patients reçus à la PASS.
Article écrit par Stéphanie Lelong
Consultation Jean Guillon de Nantes : PASS modèle
Les Permanences d’Accès aux Soins de Santé (PASS) ont été mises en place au sein des établissements hospitaliers du service public pour accueillir, orienter et soigner les personnes en situation précaire.
La consultation Jean Guillon de Nantes a démarré ses activités en novembre 2000. Elle fait office aujourd’hui de modèle en matière d’intégration d’une PASS au sein d’un hôpital mais également au vu de son fonctionnement interne et des relations entretenues avec ses partenaires (Médecins du Monde, Samu social, centres de dépistages…)
En 2007, la PASS a effectué près de 2500 consultations médicales et 1700 consultations sociales, 75% de la population reçue est d’origine étrangère, souvent non francophone. Le personnel de la consultation Jean Guillon constate une augmentation des personnes sans ressources, en 2007, elles représentaient 90% des personnes accueillies.
Pour faire face à une telle activité, la PASS de Nantes bénéficie depuis 2006 de la présence d’un médecin généraliste à temps plein, une véritable aubaine, selon l’ensemble de l’équipe, d’autant qu’il devient de plus en plus difficile de solliciter des généralistes pour assurer des vacations. Depuis l’arrivée du Dr Scanvion, la PASS est ouverte 5 jours par semaine et les horaires de travail du personnel ont pu être adaptés à ceux des patients. Par ailleurs, la présence continue d’un médecin au sein de la PASS permet un meilleur suivi des patients et une coordination plus efficace avec les partenaires. Le centre de soins de Médecins du Monde et la PASS ont ainsi démarré en 2006, une campagne de vaccination auprès des populations Rroms de la région et organiser des actions de prévention sur l’hygiène bucco-dentaire, l’alimentation et le saturnisme.
Portrait du Dr Adeline Scanvion, Médecins généraliste à la consultation Jean Guillon depuis 2005.
« J’ai souhaité dans un premier temps impliqué davantage la PASS dans le suivi des femmes et des enfants Rroms, population largement représentée sur la consultation Jean Guillon. Les projets de la PASS sont encore nombreux : réduire les inégalités sociales de santé, coordonner les différents structures impliquées dans la prise en charge des patients, améliorer la prise en charge de ces patients. Nous avons également prévu d’améliorer la qualité de l’information, une plaquette de présentation des activités de la consultation, traduite en plusieurs langues est en cours d’élaboration. »
Article écrit par Céline Morel,
Photographies : Christophe Siebert