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Les Missions


Mission Géorgie

Suite au conflit armé qui sévit depuis le 7 août en Géorgie, Médecins du Monde a envoyé le 12 août, une équipe médicale et du matériel médical et chirurgicale

Notre équipe médicale composée de 4 expatriés et de collègues géorgiens, s'est mobilisée pour prendre en charge d'éventuels besoins immédiats de soins médicaux et chirurgicaux pour les victimes directes du conflit, ainsi que des soins généraux pour les populations civiles réfugiées, déplacées ou isolées par le conflit. On estime entre 50 et 60.000 le nombre de personnes déplacées.

Médecins du Monde appuie temporairement l’action d’une ONG locale, Welfare Foundation, dans l’organisation rapide de cliniques mobiles d’accès aux soins de santé primaire.

Notre équipe a constaté, dans les structures de santé et des nombreux sites de transit et d’hébergement dans Tbilissi et autour, que l’état de santé des déplacés est bien prise en charge. Les problèmes principaux sont la rupture de traitements chroniques, le choc psychologique et la rupture de suivi anténatal. Le gouvernement géorgien a mis en place rapidement un dispositif de prise en charge médicale qui semble cohérent, bien que des inquiétudes demeurent sur la couverture de ce dispositif.

Elle confirme que l’accès à l’Ossétie du Sud est impossible pour le moment. Notre ONG n'a pas pu se rendre dans la zone suite au bouclage de la région.

A Gori (difficilement accessible) les besoins humanitaires sont faibles, la quasi intégralité de la population s’étant déplacée à Tbilissi.

Médecins du Monde est présent dans le Caucase depuis de nombreuses années, notamment par le biais de missions passées et présentes en Tchétchénie, au Daguestan, en Ingouchie, et, pour le sud-Caucase, en Abkhazie.

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CONTEXTE

Le Caucase abrite de nombreux conflits qui se sont révélés lors de l’éclatement de l’URSS, et parmi eux, ceux d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, républiques ayant autoproclamé leur indépendance de la Géorgie au début des années 90 sans obtenir aucune reconnaissance internationale.

L’Ossétie du Sud (environ 70.000 habitants), région historiquement très liée à Moscou, était une république autonome au sein de la Géorgie soviétique. Lorsque la Géorgie a déclaré son indépendance en 1991, des hostilités ont immédiatement débuté entre forces géorgiennes et indépendantistes ossètes, jusqu’en 1992 où un accord tripartite fragile Russie-Géorgie-Ossétie a été conclu. Cette situation prévalait jusqu’à la semaine du 7 août 2008.

L’Abkhazie (environ 200.000 habitants), région possédant également sa propre langue et culture, fut brièvement une république soviétique autonome avant d’être rattachée à la Géorgie socialiste en 1931, ceci conduisant au fil des années au peuplement de la région par des géorgiens. A l’issue de l’indépendance de la Géorgie en 1991, des velléités indépendantistes naissantes ont conduit à de violents combats entre indépendantistes abkhazes et forces géorgiennes, amenant ces dernières à se retirer à l’arrière d’une ‘zone tampon’, désormais surveillée par une force des Nations Unies. Ce bref conflit a fait des milliers de morts et a conduit plus de 250.000 géorgiens à quitter la région.

Dans la nuit du 07 août 2008, ces deux conflits gelés du sud Caucase ont pris un nouveau tournant suite au lancement en Ossétie du Sud d’une vaste opération de ‘restauration de l’ordre constitutionnel et de l’intégrité territoriale géorgienne’ par le gouvernement de Tbilissi. L’opération géorgienne, massive, notamment autour et dans la capitale régionale de Tskhinvali, a très rapidement eu pour conséquence l’envoi de renforts russes sur place et le démarrage d’un conflit international entre Russie et Géorgie le 08 août après-midi.

Les jours suivants ont vu une escalade rapide du conflit, avec une reprise militaire de Tskhinvali puis de l’Ossétie par l’armée russe, l’ouverture d’un deuxième front dans les gorges de Kodori par les indépendantistes abkhazes, la mise en place d’un blocus économique et militaire sur la Mer Noire, l’envoi de troupes et de chars russes en nombre dans les deux régions, le pilonnage continu de Tskhinvali par l’armée géorgienne, des bombardements russes s’intensifiant de plusieurs villes géorgiennes (Gori, périphérie de Tbilissi, Poti, ..) et de villages, et pour finir, une avancée de troupes russes en Géorgie même (Gori, Zougdidi, Poti, Senaki). Le gouvernement géorgien pour sa part dit avoir cessé le feu depuis dimanche le 10 août, et avoir concentré son armée autour de Tbilissi deux jours plus tard.

Le mardi 12 août, le gouvernement géorgien reconnait que son armée est en grande partie détruite et le ministère de la Défense russe déclare avoir terminé l’opération militaire de ces derniers jours. parallèlement à l’évolution militaire, les démarches diplomatiques ont été nombreuses depuis le 08 août, témoignant des questions stratégiques aigües que concentre le Caucase (adhésion à l’OTAN programmée de l’Ukraine et de la Géorgie, recherche d’indépendance énergétique de l’UE par le biais des pipelines traversant la Géorgie et l’Azerbaïdjan, besoin pour la Russie de réaffirmer son poids politique et militaire après l’indépendance du Kosovo, relations UE-Russie et US-Russie).

Les tentatives de négociation et discussion au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont toutes échoué.

Toujours le 12 août, une proposition de règlement du conflit prend forme, articulée autour d’un cessez-le feu de toutes les parties, du retrait de l’armée russe d'Ossétie du Sud et en de l'Abkhazie, et du cantonnement de l’armée géorgienne dans ses casernes. Elle aurait été acceptée dans ces termes par Moscou et Tbilissi le 13 août. L’adoption d’une résolution des Nations Unies soutenant cet accord est prévue.



Août 2008