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Nos Missions

Adoption

20 septembre 2008 - A voir sur le site de France 2 - Un si long chemin - Un reportage de Jérôme Soulard et Jean-François Monier, envoyé spécial du 18 septembre 2008.
Notre ONG est le premier Organisme Agréé pour l'Adoption en France avec près de 350 adoptions par an.

Publications

15/05/2008 Rapport - Mission adoption Bilan annuel 2007

Ce rapport présente le bilan d'activité 2007 de la mission adoption de Médecin du Monde. Notre engagement est de défendre les droits fondamentaux de l’enfant : droit à une famille pour grandir, accès aux soins et accès à l’éducation dans le plus grand respect de la législation internationale sur l’adoption.
Notre ONG, par cette mission, veut se donner les moyens de lutter contre les dérives éthiques et financières dans l’adoption internationale et défendre ses particularités dans l’adoption.


Thématique Adoption, les récentes évolutions

CHIFFRES

Organisation de l'adoption

Siège de MdM et 35 départements rattachés : 81 personnes
- 2 personnes assurant l'accueil téléphonique 5 jours sur 7
- 1 fonction pour la réception des demandes
- 6 responsables géographiques
- 1 pôle médical (pédiatres, biologiste et psychiatre)
- 1 pôle psychosocial (psychologues et travailleurs sociaux)
- 1 structure de gestion des suivis post-adoption et des archives "légales" et une base de donnée informatique déclarée à la CNIL regroupant les données des familles.

14 antennes régionales : 148 personnes
1 responsable par antenne avec une équipe pluridisciplinaire (psychologues, assistantes sociales, travailleurs sociaux professionnels de l'enfance)

Adoption, les récentes évolutions

Chaque année, 45 000 enfants adoptés circulent dans le monde. Ils sont issus de pays émergents, tels la Chine, la Russie, le Vietnam, ou de pays en grande précarité comme l’Éthiopie, le Liberia, Haïti, Madagascar. Les enfants sont accueillis principalement dans les pays développés à faible indice de fécondité : les États-Unis, le Canada, la France et l’Espagne. À ce jour, l’adoption internationale compte plus de 160 pays d’origine pour moins de 20 pays d’accueil.

UN DÉSÉQUILIBRE CROISSANT

Ces dernières années, de nombreux pays émergents ont réduit le nombre d’enfants proposés à l’adoption.« On note dans les pays d’origine une véritable prise de conscience du bénéfice pour l’avenir de garder leurs enfants, explique Geneviève André, responsable de la mission adoption à MdM. En parallèle de ce phénomène, ces pays ont aussi tendance à développer l’adoption nationale, notamment pour les enfants de moins de trois ans. » C’est le cas au Brésil, en Colombie et en Inde, où l’adoption nationale est devenue une priorité.
Cette diminution quantitative est également accompagnée d’un changement du profil des enfants. En effet, de plus en plus de pays proposent des enfants à besoins spéciaux : grandes fratries, enfants de plus de six ans, souffrant de pathologies médicales ou chirurgicales. Ces particularités rendent la recherche d’une famille et le suivi plus complexes. Cette baisse du nombre d’arrivées d’enfants s’oppose à une demande en constante augmentation des pays d’accueil, qui, malheureusement se focalisent sur les bébés et les enfants « les plus petits possible », comme le formulent les candidats. Cette explosion a été particulièrement marquée en Espagne, en Italie et aux États-Unis où la demande a presque doublé en dix ans.


DES CONSÉQUENCES COMPLEXES À GÉRER

Pour freiner cette demande excessive, les pays d’origine mettent en place de nouvelles barrières. La Russie multiplie les formalités administratives. Madagascar arrête les adoptions individuelles. Le Vietnam demande que l’adoption soit accompagnée de projets humanitaires. La Chine, quant à elle, renforce sans cesse les critères de sélection des familles d’accueil. Ces dispositifs ont de lourdes répercussions dans les pays d’accueil. L’un des effets les plus contraignants est l’allongement des délais d’attente. À l’exception des enfants à particularités médicales, à partir de la transmission du dossier, une famille patiente en moyenne 24 mois avant l’arrivée de l’enfant. Ainsi les pays d’accueil ont tendance à entrer en concurrence. Cette pression peut facilement conduire à des dérives tant éthiques que financières. Celles-ci sont souvent aggravées par la corruption et le laxisme vis-à-vis des lois locales qui règnent dans certains pays d’origine, auxquels peut s’ajouter le non-respect des lois internationales. Le contexte actuel oblige donc les organismes autorisés pour l’adoption à mener une politique de prévention des risques. La vigilance vis-à-vis à la fois des pays d’accueil et des pays d’origine s’impose.

Un contexte qui demande encore plus de patience…

L’adoption internationale n’est pas un phénomène de mode, elle a toujours existé. Cependant, les dérives d’organisations peu scrupuleuses et l’explosion des demandes ont des conséquences négatives sur les organismes d’adoption, dont Médecins du Monde fait partie.

Le durcissement du contexte international en matière d’adoption a des conséquences sur l’adoption au sein de notre organisation. Entre 1990 et 2007, 3177 enfants ont été adoptés par l’intermédiaire de MdM. Néanmoins, notre organisation, seule ONG médicale avec un statut d’organisme autorisé à l’adoption (OAA) depuis 1988, a vu le nombre d’enfants adoptés diminuer au cours de l’année 2005. Le pic des arrivées d’enfants s’est produit en 2004, avec 320 enfants. En 2005, 315 enfants ont pu être adoptés (la plupart venant de Chine ou de Russie) contre seulement 240 en 2006, et 212 en 2007. Ce constat n’est pas dû au manque de demandes, le nombre étant en constante progression.
Mais la baisse des propositions a entraîné une accumulation des dossiers dans les pays d’origine d’année en année : 797 dossiers étaient en cours fin 2007. Cela nous oblige à ajuster l’acceptation du nombre de dossiers de candidature et rend le travail de l’équipe des 229 bénévoles et des 4 salariés difficile pour satisfaire les attentes des enfants et des familles.

DU TEMPS POUR ÉVALUER LES ADOPTIONS

Comment expliquer ces changements ? Tout d’abord, certains pays d’origine sélectionnent eux-mêmes les familles d’accueil. MdM ne peut que se plier aux exigences et au temps que ceux-ci demandent, comme la Chine. Par ailleurs, chaque dossier nécessite un traitement personnalisé. Cela requiert d’étudier la demande et la faisabilité de chaque projet dans les pays où MdM est habilité.

DES ÉTAPES OBLIGATOIRES ET NÉCESSAIRES

Si le projet est réalisable, nous recevons les familles pour apprécier leurs capacités parentales et leurs limites (cette étape pouvant prendre deux à trois mois). Une commission pluridisciplinaire (médecins, psychologues, professionnels de l’enfance) étudie tous les quinze jours l’ensemble des dossiers pour avis définitif. « On ne donne pas n’importe quel enfant à n’importe quelle famille », explique Geneviève André-Trevennec, pédiatre et responsable de la mission adoption. Surtout s’il s’agit d’adoptions complexes, souvent proposées par les pays d’origine.

DU TEMPS POUR PRÉPARER UNE NOUVELLE FILIATION

Les délais d’attente ont sérieusement augmenté depuis 2005 (deux à trois ans en moyenne). Pour les enfants de moins de trois ans, il y a environ dix demandes pour un enfant proposé alors que nous cherchons parfois sans succès des familles pour de grands enfants. Mais cette attente permet la préparation psychologique à la parentalité adoptive, étape essentielle dans la prévention des échecs. Pour les adoptions complexes, les pathologies médicales et chirurgicales peuvent s’avérer parfois plus importantes que prévues et les futurs parents doivent être préparés à affronter cela. « L’adoption internationale est une filiation à hauts risques médicaux et psychosociaux, compte tenu du passé tourmenté des enfants, de leurs ruptures affectives », conclut Geneviève André.

Se mettre au service de l’enfant avant tout

Médecins du Monde est un relais entre parents désireux d’adopter un enfant et enfants rêvant de faire à nouveau partie d’une famille. C’est pourquoi l’organisation propose des solutions pour satisfaire au mieux les attentes des uns et des autres.
Les dérives de certaines organisations ainsi que le nouveau contexte international ont causé des préjudices à l’ensemble des organismes d’adoption. Pour les pallier, MdM accentue encore ses spécificités, même si la mission adoption bénéficie de la renommée internationale de notre organisation. Elle s’efforce d’implanter des cellules d’adoption dans chaque pays d’origine où elle mène de pair des projets humanitaires. Celles-ci permettent de prévenir les éventuelles dérives, notamment liées aux corruptions constatées dans certains pays d’origine. L’éthique que s’impose MdM depuis sa création l’oblige naturellement à respecter les lois internationales. Grâce à ces ingrédients, elle a des atouts pour faire une politique de prévention des risques.


UN ACCOMPAGNEMENT PERSONNALISÉ

L’organisation accompagne les familles dès l’instant où leur demande d’adoption est acceptée et réalisable, jusqu’à deux ans et plus après l’accueil de leur enfant. Un important travail d’évaluation des familles est effectué, 50% des adoptions étant dites « complexes ». Ce travail préparatoire, qui peut paraître long et fastidieux, s’avère nécessaire pour la protection de l’enfant mais aussi des parents adoptants. Après les deux années de suivi, MdM reste à la disposition des familles lorsqu’elles le souhaitent, surtout au moment de l’adolescence, période pouvant être souvent difficile.

UNE OUVERTURE SUR DE NOUVEAUX PAYS

MdM ouvre de nouveaux États à l’adoption pour pallier la baisse constante du nombre d’enfants adoptables dans les pays d’origine, comme en Chine et en Russie. En juillet 2006, Haïti lui a ouvert ses portes. Sept enfants ont ainsi été accueillis en 2007. En juin 2007, ce fut le tour de Madagascar. L’Afrique est un continent maintenant relativement réticent à l’adoption internationale, surtout depuis les dérives de l’Arche de Zoé. Le Népal, le Laos, le Cambodge et la Birmanie se sont fermés à l’adoption à la suite des événements politiques récents. MdM cherche à s’ouvrir sur d’autres pays. Cela n’est pas toujours facile, les pays musulmans ne proposant pas d’enfants à l’adoption internationale, d’une part, et MdM souhaitant ouvrir sa mission seulement là où des actions humanitaires sont déjà en cours. « L’adoption internationale se justifie uniquement dans les pays à grande précarité dans lesquels le pronostic vital de l’enfant est en jeu et où ses droits ne sont pas respectés », souligne Geneviève André. C’est le bonheur futur de l’enfant qui doit primer sur le « désir d’adulte » des parents candidats à l’adoption. L’idéal est que cet enfant puisse être adopté dans son propre pays, sans rupture avec sa culture. MdM se met donc en priorité au service de l’enfant, pour éviter toute dérive.

Dossier réalisé par Quitterie Deschards et Laure Antoine.


Interview de Geneviève André, Responsable de la mission adoption à MdM.
“On cherche une famille pour un enfant, jamais l’inverse.”

Le contexte actuel a-t-il complexifié l’organisation de l’adoption au sein de MdM ?

G.A. : Notre vocation à favoriser l’adoption d’enfants à particularités médicales et psychosociales complexifie la procédure de sélection et d’accompagnement des familles d’accueil. En effet, les risques de rejet sont plus élevés si l’on fait des apparentements non appropriés. Nos structures permanentes locales ainsi que notre intégration à un organisme humanitaire médical nous permettent de mieux appréhender ces nouvelles tendances.

Comment faire face aux risques de dérives générés par l’inflation des demandes ?

G. A. : Avant toute chose, il faut s’engager à respecter les lois internationales et les procédures légales. L’adoption doit être justifiée et apporter un réel bénéfice à l’enfant. On cherche une famille pour l’enfant, et non l’inverse. Il ne faut jamais « jouer » avec le désir d’enfant des populations d’accueil.

Les familles sont-elles plus méfiantes vis-à-vis des OAA (organismes autorisés à l’adoption) depuis la médiatisation des dérives liées à l’Arche de Zoé ?

G.A. : L’affaire de l’Arche de Zoé a porté un véritable préjudice à l’ensemble des organismes, qu’ils soient humanitaires ou d’adoption, en mettant en avant une certaine fragilité. Cette affaire a été fondée sur des non-dits, créant un véritable marché de l’espoir pour les familles adoptantes. Il n’en demeure pas moins que les familles qui s’adressent à des OAA comme MdM en reconnaissent le sérieux et le savoir-faire.


Sophie et Bernard Bossu, 48 et 52 ans

« Nous avons contacté plusieurs OAA. Notre dossier a tout de suite intéressé Médecins du Monde, et la Chine, fin 1997, s’ouvrait alors à l’adoption internationale.Un jour, on vous apprend qu’un enfant vous attend, et là tout bascule. Anne-Louise, 2 ans et 5 mois, était très dégourdie, comme ces enfants qui ont vécu beaucoup de choses mais qui ont du mal à les mettre en ordre dans leur tête. Un an plus tard, nous avons voulu agrandir la famille. MdM nous a alors parlé d’enfants dits “à particularités”. On nous a confié Paul-Etienne, 1 an et demi. Il avait une fente labiale, une fente palatine et deux pouces droits. On devient naturellement parents à leur contact. »

Robert et Maha Lestrat, 53 et 43 ans

« Les premiers temps de l’adoption sont pessimistes. Mais c’est une étape obligée pour avoir l’agrément des services sociaux en France. Une fois qu’on est entre les mains de Médecins du Monde, on est entouré. J’avoue que le moment où j’ai vu la photo de Déborah (dont le pays d’origine est le Brésil) a été très émouvant. Elle avait un joli sourire et un regard malicieux. Elle a fait un album avec nos photos, qui lui avaient été transmises, et celles de sa vie d’avant. On n’a jamais voulu qu’il y ait de rupture, et elle explique elle-même qu’elle a deux papas et deux mamans. Nous n’avons pas voulu changer son prénom non plus car, dans un sens, c’est refuser son histoire. Son histoire est ce qu’elle est, on ne va pas la changer. »