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Association Médecins du Monde / Témoignages / CASO Marseille : Venir en aide aux demandeurs d'asile



Nos Missions

Marseille

Centre d’Accueil de Soins et d’Orientation - MARSEILLE - 4 avenue Rostan 13003 Marseille
Tél : 04 95 04 56 00 / 03 - Fax : 04 95 04 56 04

Evenements

22 artistes au profit de Médecins du Monde

Jusqu'au 27 décembre 2008, 22 artistes de St Paul de Vence reversent 50% du prix de vente de leurs toiles à Médecins du Monde.

Presse

31/07/2008 Les 10 propositions de Médecins du Monde à Madame Bachelot

30 juillet 2008 - Médecins du Monde a été reçu le 25 juillet par Madame Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, dans le cadre de la concertation sur le projet de loi « Patients, santé et territoires ». Rappelant que l'accès aux soins des personnes en situation de grande précarité (migrants, Rroms, jeunes usagers de drogue, personnes se prostituant…) est un des facteurs de diminution des inégalités de santé dans notre pays, le docteur Pierre Micheletti, président de l'association a fait 10 propositions que Médecins du Monde souhaite voir prises en compte dans la future loi.


  CASO Marseille : Venir en aide aux demandeurs d'asile


Depuis 2005, le centre d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) de Marseille a développé des activités pour répondre aux besoins spécifiques des demandeurs d’asile des Bouches-du-Rhône.

S, B, E… Anonymes par souci de protection, ces lettres initiales, égrenées comme celles de l’alphabet,
dissimulent prénoms, visages, histoires de vie de personnes à l’avenir en berne. Comme celles qui sont reçues ce matin par Malika Barache, coordinatrice de l’accueil social au sein du centre d’accueil, de soins et d’orientation de Marseille.

Monsieur B., l’oeil hagard, serrant contre lui une liasse de documents, ne respire pas la sérénité. Et pour cause : ex-membre du Parti des travailleurs du Kurdistan, il a fui la Turquie, laissant derrière lui sa femme et ses trois enfants. Pour couronner le tout, il vient de perdre son statut de réfugié politique et son médecin a refusé, malgré son évidente souffrance, de lui faire un certificat médical, sésame de sa demande de régularisation pour soins. « Demain, lorsque vous irez voir votre médecin, réexpliquez-lui votre situation et demandez-lui de m’appeler si nécessaire », le rassure Malika, en lui tendant sa carte de visite.

Partenaire d’une plateforme d’acteurs venant en aide aux demandeurs d’asile, MdM est souvent amené à fournir une évaluation médicale à ceux qui sont déboutés, ou à tout étranger en situation irrégulière dont l’état de santé nécessite des soins urgents impossibles dans son pays d’origine. Ensuite, les personnes
sont orientées vers un médecin agréé, seul susceptible d’envoyer un rapport médical circonstancié au médecin inspecteur de la Ddass, afin que la préfecture leur délivre un titre de séjour pour soins.

L’expertise médicale au service du droit d'asile

Depuis la création de la plateforme, les travailleurs sociaux ou les médecins de MdM repèrent exceptionnellement en consultation des personnes non informées de leurs droits. Elles sont donc soignées dans l’attente du dépôt de leur demande d’asile qui leur ouvre un droit immédiat à la couverture
maladie universelle. En revanche, les besoins de suivi en santé mentale sont fréquents, comme le confirme Roland Truphème, psychiatre au CASO : « La plupart des patients souffrent d’un syndrome de stress post-traumatique qui se manifeste le plus souvent par des phobies, un refus de sortir ou la peur des autres. »
Au traumatisme subi dans leur pays s’ajoute une situation de très grande précarité liée à leur vie dans la rue, sans papiers, sans famille, ni ressources. « L’écoute a une fonction libératrice qui permet d’améliorer certaines douleurs physiques, manifestations souvent somatiques de leur souffrance psychique , poursuit le Dr Truphème.»

MdMjoue un rôle essentiel auprès des personnes déboutées de leur demande d’asile par l’Ofpra. Médecins ou psychiatres rédigent, pour la Commission de recours des réfugiés, un certificat médical qui décrit avec force détails les séquelles physiques et psychologiques constatées, en essayant d’établir le lien direct avec les événements traumatiques vécus. D’ailleurs, aujourd’hui, Simone Varenne, médecin
bénévole, s’entretient avec une jeune Arménienne, harcelée, séquestrée et violée en 2005 par le fils de ses voisins.

« Mon rôle est d’associer l’examen clinique et moral des sévices subis à son parcours de vie afin de prouver le risque qu’elle encourt si elle retourne dans son village. » Ce recours suscite un véritable espoir pour les migrants, majoritairement déboutés de leur demande d’asile en première instance (92 %) en raison du durcissement des politiques migratoires.

HÉLÈNE VALLS