Dossier de presse SIDA - aller au-devant des populations isolées : pour une prise en charge intégrée et décentralisée du SIDA
INTEGRER LE SIDA DANS LA PRATIQUE MEDICALE COURANTE
Depuis 25 ans, l’épidémie de sida a changé de visage, passant d’un pronostic de mort à courte échéance à une maladie qui se traite. Même si le nombre de personnes sous traitement antirétroviral a
plus que triplé dans les pays en développement depuis 2003, ce chiffre n’atteint que 28% des personnes
en besoin de traitement, et parmi eux seulement 15% d’enfants. Et bien que le coût des traitements dits
de « 1ère ligne » ait baissé, atteignant 77 $/an pour la trithérapie générique la plus communément utilisée, les traitements de « 2ème ligne », utilisés en cas de résistance, restent chers à 1 500 $/an en
moyenne. En plus de préoccupations financières, l’observance au traitement reste problématique car
parmi ceux qui y ont accès, plus du tiers arrêtent leurs traitements ou décèdent au bout de deux ans.
Il est donc urgent de repenser la lutte contre cette épidémie et de sortir rapidement de «l’exceptionnalisme » qui prévaut encore pour parler du sida. Pour cela, les efforts d’intégration dans la pratique médicale courante et la simplification de la prise en charge constituent des avancées considérables. Concernant les pays à ressources limitées, la réalité du terrain nécessite de trouver une organisation de soins compatible avec des effectifs médicaux réduits et des moyens restreints.
C’est donc dans ce souci d’approche combinant décentralisation, simplification et intégration que le réseau international de MdM a mis en place en zone rurale des programmes décentralisés de prise en charge du VIH/ sida. Ces interventions flexibles proposent un paquet de services médicaux et sociaux cohérent et coordonné avec les acteurs locaux : acteurs gouvernementaux, ONG locales, associations de personnes vivant avec le VIH. Les équipes locales et expatriées soutiennent des dispensaires de santé primaire en milieu rural et décentralisent les consultations grâce à des cliniques mobiles comme par exemple MdM Espagne en Tanzanie. Nos activités sont également menées par des éducateurs pairs, issus des communautés rurales, assurant un meilleur impact aux messages de sensibilisation. Cette approche de santé publique n’est pas dénuée de défis, au premier rang desquels le maintien des stocks de médicaments et le problème crucial de manque de personnel qualifié. Médecins du Monde intervient également sur le volet indispensable du renforcement des capacités locales : nous ne nous substituons pas aux systèmes existants mais nous intervenons au travers de mécanismes de partenariat, d’appui aux ONG locales et de formation des équipes locales. Tous les moyens financiers et humains mis à disposition pour lutter contre cette épidémie font naître l’espoir d’une amélioration globale de l’accès aux soins dans les pays à ressources limitées. Le sida pourrait donc servir de levier en faisant bénéficier les autres pathologies chroniques et l’ensemble du système de soin des moyens de lutte contre cette pandémie.
DECENTRALISER : DEPISTAGE ET ACCES AUX TRAITEMENTS
L’éloignement géographique des centres de santé constitue aujourd’hui l’un des principaux freins à la lutte contre le Sida. Le coût du trajet et la distance géographique placent les soins hors de portée de la majorité des malades et constituent une barrière au suivi des traitements. Il est donc impératif d’amener dépistage et accès aux traitements dans les structures de soins de santé primaire, premier niveau de soins. C’est pourquoi Médecins du Monde accompagne la décentralisation des activités de lutte contre le sida au plus proche des populations isolées. Loin de la capitale et des hôpitaux de référence, Médecins du Monde développe ses activités vers les centres de soins de base, situés aux cœurs des communautés, pour garantir un dépistage et un accès aux traitements pour tous et toutes.
Intégrer les activités de lutte contre le sida dans les soins de santé primaires
La démarche de décentralisation permet ainsi d’intégrer dépistage et traitement dans le paquet minimum
de soins proposés par tous les centres de santé de base.