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Communiqué de presse   NON AUX EXPULSIONS ET AUX DISPERSIONS DES RROMS ATTEINTS DE TUBERCULOSE


Paris, le 15 décembre 2006

En banlieue parisienne, les conditions de vie innommables dans lesquelles les rroms sont contraints de vivre (bidonville, absence d'eau, de sanitaires, d'électricité...) les exposent fortement aux risques épidémiques, notamment de tuberculose.

C'est le cas de familles stationnant sur l'aire de l'ex-station-service de l'A 5B à Réau en Seine-et-Marne. Suite à un dépistage sur 125 personnes, 12 tuberculoses contagieuses et 22 infections latentes ont été dénombrées. Des autorisations provisoires de séjours ont été délivrées afin de permettre à la DDASS 77 et au centre anti-tuberculeux de Melun de mettre en oeuvre les traitements. Aujourd'hui ces autorisations provisoires de séjours sont arrivées à échéance. Or il reste encore 21 patients à soigner (8 nouveaux cas ayant été dépistés en octobre dernier).

Malgré un avis favorable de la DDASS de Seine-et-Marne pour une nouvelle délivrance d'autorisations (APS) pour soins aux patients atteints et à leurs familles, les rroms subissent depuis des semaines, pressions et harcèlements et sont de nouveaux menacés d'expulsion.

Par ailleurs, à St Denis, rue Campra, où plusieurs centaines de Roms vivent sur un terrain vague dans des conditions d'hygiène épouvantables, une campagne de dépistage a été menée le 6 décembre par les services compétents suite à la découverte d'un patient atteint d'une forme contagieuse de tuberculose. Là aussi l'expulsion-dispersion est à l'ordre du jour. Nous espérons que la préfecture tiendra compte de l'argument sanitaire et ne provoquera pas la dispersion de ce groupe, qui empêcherait les professionnels de santé de soigner les malades pour éviter la propagation de l'épidémie.

En cette période hivernale, nous dénonçons vigoureusement cette politique d'expulsion systématique qui risque de conduire à de graves conséquences sanitaires, notamment face aux cas de tuberculose en cours. Si les expulsions-dispersions des communautés de Réau et St Denis ont lieu, elles réduiront à néant le travail accompli par les professionnels de santé, remettront en cause la continuité des soins, pérenniseront les cas de tuberculose et les risques de multi-résistance, conduisant à un risque majeur pour la santé publique.

Pour limiter la propagation de la tuberculose et permettre que les patients atteints suivent leur traitement sans risque d'arrestation, il est impératif que les Préfets concernés:

Fassent cesser la pression policière qui provoque le départ précipité de certaines familles, potentiellement infectées
Délivrent les autorisations (APS) pour soins
Suspendent toute expulsion pour permettre aux populations de se maintenir dans un lieu de vie stable pendant toute la durée du traitement.
Contact presse :
Florence Priolet
01 44 92 14 31 - 06 09 17 35 59
http://www.medecinsdumonde.org/contacter/presse