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Thématiques

Réduction des risques

La RDR est un ensemble de stratégies visant à limiter les risques sanitaires et sociaux liés à l'usage de drogue. Il s'agit d'informer pour limiter les risques et accompagner les usagers de drogues pour les aider à éviter la consommation abusive et les pratiques à risques.

Mobilisation

09/01/2008 Droits de l’homme en Birmanie : une vraie priorité pour la France ? > Par Dr Françoise Sivignon

Plus de trois mois après le début de la répression violente engagée par la junte militaire birmane, force est de constater que la combinaison d’efforts diplomatiques et de modestes sanctions économiques n’a produit aucune avancée réelle vers un processus démocratique. La junte se permet donc de réprimer silencieusement.

21/11/2007 Birmanie : ne pas laisser s'installer l'oubli

Acteur humanitaire dans le pays depuis plus de 15 ans au travers de programmes de lutte contre le VIH / sida, nos activités ont été affectées par la répression qui s’est abattue sur le pays.

24/10/2007 Appel à l'aide pour le peuple birman

Rangoun, le 23 octobre 2007. Nous, ONG travaillant en Birmanie, sommes profondément attristés et inquiets par les évènements récents qui se sont passés dans le pays...

28/09/2007 Vers une révolution safran en Birmanie ?

Jusqu’où la population birmane va-t-elle pouvoir défier le pouvoir militaire ? Coincé entre les deux géants indien et chinois, le pays est-il entrain de se réveiller après plus de 40 années de dictature ? ...

Presse

30/06/2008 Birmanie : 2 mois après le cyclone Nargis, une situation encore précaire pour les sinistrés

3 juillet 2008 - Deux mois après le passage du cyclone Nargis, l’urgence a laissé place à la reconstruction mais la situation du peuple birman est toujours préoccupante. Médecins du Monde poursuit ses opérations sur le terrain : cliniques mobiles auprès des populations les plus isolées, éducation à la santé et veille épidémiologique.

06/06/2008 Urgence Birmanie : Médecins du Monde poursuit son action mais l’aide reste entravée

6 juin 2008 - Médecins du Monde poursuit son action mais l’aide reste entravée. Deux semaines après les déclarations de M. Ban Ki-Moon et plus d’un mois après le passage du cyclone Nargis, Médecins du Monde poursuit ses opérations sur le terrain mais le déploiement de l’aide humanitaire internationale reste entravé.

19/05/2008 Birmanie : Médecins du Monde demande la levée des contraintes pour faciliter l’accès des personnels soignants à l’ensemble des zones sinistrées

19 mai 2008 - La Birmanie compte aujourd’hui 2.5 millions de sinistrés et seule 10% de la population aurait officiellement accès à l’aide humanitaire. Dans l’ensemble, la priorité reste l’accès à la nourriture, l’eau potable et aux soins de santé.

12/05/2008 Birmanie : Médecins du Monde obtient l’autorisation de conserver son chargement et de gérer la distribution de son aide humanitaire

12 mai 2008 - Une première équipe, spécialiste des situations d’urgence, a atterri hier à Rangoon. Sur le terrain, les équipes poursuivent la mise en place des cliniques mobiles dans le district de Thanlyin. (...) Notre ONG a obtenu l’autorisation de conserver son chargement et de gérer la distribution de son aide dès l’arrivée du fret à Rangoon lundi matin.

09/05/2008 Urgence Birmanie : Médecins du Monde envoie un renfort médical et affrète un avion sur Rangoon

09 mai 2008 - Suite au violent cyclone qui a frappé la Birmanie, Médecins du Monde a immédiatement redéployé ses activités pour délivrer les soins de première urgence à la population de Rangoon et de sa périphérie. Aujourd’hui, Médecins du Monde vient d’obtenir l’autorisation d’envoyer une équipe en renfort médical et d’affréter un avion de matériels et de médicaments.

06/05/2008 Urgence Birmanie : Médecins du Monde déploie un dispositif d’urgence

Suite au violent cyclone qui a frappé la Birmanie vendredi et samedi derniers, Médecins du Monde redéploie ses activités pour délivrer les soins de première urgence à la population de Rangoon et envoie un renfort médical et logistique.

Publications

22/05/2008 Vidéos - Mission en Birmanie - 22 mai 2008

Interview de Dr Françoise Sivignon, responsable de la mission en Birmanie et de Dr Pierre Micheletti, président de Médecins du Monde

07/05/2008 Interview - 7 mai 2008 - Interview du Dr Françoise Sivignon - responsable de la mission Birmanie

L'ONG Médecins du Monde redéploie ses activités pour délivrer les soins de première urgence à la population de Rangoon et envoie un renfort médical et logistique.

09/05/2008 Interview - 9 mai 08 - Interview du Dr Françoise Sivignon - responsable de la mission Birmanie

Médecins du Monde a obtenu l'autorisation d’envoyer une équipe en renfort médical et d’affréter un avion de matériels et de médicaments. Explications du responsable de la mission ...

Galeries photos

Birmanie - urgence cyclone

Photos de l'équipe MdM - Françoise Sivignon, Pascal Simon, Fabio Bacan


Mission Birmanie - Myanmar

CHIFFRES

Mortalité infantile : 75‰
Espérance de vie à la naissance : 60,8
IDH : 0,583 ; rang : 132/177
PIB/habitant ($) : NC

Population :
Bénéficiaire : 9 000
Cible : 50 000

Personnel :
Local : 135
Expatrié : 6

Sources de financement :
EUROPEAID, NOVIB,MdM, PSI

Budget 2007 :
1 330 421 euros

Relever le défi de l’aide alimentaire

La Birmanie doit se relever de deux crises successives depuis septembre. Après une phase d’urgence, le défi actuel est de répondre aux besoins en eau et en nourriture.

" En moins d’un an, le pays a subi deux crises majeures sous-tendues par la pauvreté. La première a poussé les gens dans la rue ens rue, et la seconde a détruit tous les biens des Birmans du Sud ", explique Françoise Sivignon, responsable des programmes humanitaires en Birmanie de Médecins du Monde. Au mois de septembre 2007, des manifestations de grande ampleur ont lieu dans la capitale birmane, Rangoon. Face à la montée brutale des prix des biens de première nécessité, des moines et des opposants au régime défilent dans la rue. Les manifestations sont sévèrement réprimées par la junte militaire au pouvoir. « Les prisons se sont remplies d’opposants mais aussi de citoyens ordinaires révoltés », rappelle Françoise Sivignon. La communauté internationale s’indigne brièvement de cette répression sanglante qui touche notamment des moines bouddhistes pacifistes.

Huit mois plus tard, le 2 mai 2008, le cyclone Nargis détruit les régions de Rangoon et de l’Irrawaddy (zone du delta). La catastrophe fait 133 000 morts et disparus, 20.000 blessés et 2,4 millions de sinistrés selon les chiffres de l’Onu.

" Comme la crise de septembre, le cyclone a ému la communauté internationale. Mais l’oubli s’est réinstallé rapidement . L’émotion est partie ", indique Françoise Sivignon. " Derrière une catastrophe naturelle, il existe une notion de fatalisme, alors que les manifestations, vues de l’étranger, étaient accompagnées d’un certain romantisme qui s’est vite épuisé " , souligne-t-elle.

Encadrement et restriction

Notre ONG, présente en Birmanie depuis quinze ans, notamment sur un programme humanitaire de prévention du sida, intervient rapidement en cas d'urgence humanitaire grâce aux équipes nationales et expatriées déjà sur place. L’opération d’urgence est a pu être lancée le 5 mai, un fret aérien est arriivé à Rangoon le 12 mai. Mais l’ensemble des actions humanitaires est contrôlé par la junte.
" Le point commun entre ces deux crises est qu’elles ont été très encadrées militairement ", rappelle Françoise. L’accès aux victimes est lent et les restrictions sont énormes. Les délivrances de visa se font au compte-gouttes et des laissez-passer sont nécessaires pour accéder aux zones sinistrées. MdM réussit à obtenir quatre visas et monte un programme de cliniques mobiles. Une formation intensive à Rangoon permet à cinq équipes nationales birmanes d’assurer des consultations médicales et de mettre rapidement en place un recueil épidémiologique, un suivi nutritionnel et des protocoles thérapeutiques d’urgence.
Ces équipes, composées de personnel national, interviennent dans quatre townships de la région du delta. La mission humanitaire effectue environ 2.000 consultations par se- semaine. Les principales pathologies rencontrées sont des infections respiratoires et cutanées, des diarrhées et des anémies. Nos équipes restent vigilantes face aux risques d’épidémies, notamment la dengue qui a sévi dans plusieurs townships voisins, mais aussi face aux risques de malnutrition. Les équipes du projet long terme (prevention du sida) ont par ailleurs assuré la continuité des soins et des traitements pour les patients sous antirétrorétroviraux.

Le défi alimentaire

La zone touchée par le cyclone Nargis est une zone agricole où la population vit principalement des récoltes et de la pêche. La zone affectée produisait en effet 65% du riz, 80% des cultures aquatiques et 50% de la volaille du pays. Les activités de pêche sont très largement réduites, les fermes sont en stand-by et les opportunités d’emploi sont nulles. Les prix ont augmenté du simple au triple. Un sac de riz vendu 15$ avant le cyclone vaut aujourd’hui entre 45 et 60$. « La priorité est maintenant de préparer la saison sèche », indique Myriam Pomarel, coordinatrice de la mission d'urgence.

Le pays va donc devoir faire face dans les prochains mois à un véritable défi alimentaire.

Article de Camille Biet, journaliste bénévole

Octobre 2008


TEMOIGNAGE

Myriam Pomarel, coordinatrice médicale de la mission humanitaire d'urgence suite au cyclone, après son retour de six semaines de mission

« La population birmane n’a pas attendu l’ouverture du pays à l’aide internationale, elle a réagi immédiatement après le cyclone. Les familles se sont regroupées (une
maison pour trois familles), l’entraide et la solidarité se sont tout de suite mises en place pour parer au plus urgent. Les priorités de l’aide portent toujours sur la satisfaction des besoins de base pour les 2,4 millions de sinistrés – accès à l’eau
Une des priorités est de préparer la saison sèche. La potable, aide alimentaire et médicale, abris – et l’un des enjeux majeurs reste la sécurité alimentaire car d’ici trois à six mois la situation risque de devenir dramatique. population vit en majorité prèsdes rivières. L’eau n’est pas un problème quantitatif, mais qualitatif. Une grande quantité de bouteilles de préservation de l’eau ont été distribuées, mais elles sont souvent utilisées à mauvais escient. La population préfère les garder pour la saison sèche. »

Octobre 2008


Urgence Cyclone Nargis en Birmanie

Présent depuis 1995 en Birmanie, Médecins du Monde mène un programme VIH auprès des usagers de drogue et des personnes se prostituant dans le Katchin et la capitale, Rangoon. Sur chacun des deux sites, les équipes MdM regroupent des expatriés et une soixantaine de membres du personnel national, médecins, infirmiers et éducateurs.

Dans la nuit du 02 au 03 mai 2008, le passage du cyclone Nargis dans le sud de la Birmanie et sur la capitale Yangon a provoqué d’importants dégâts et un nombre de victimes impressionnant. A ce jour, on estime le nombre de morts et disparus à 133 000, les blessés à 20 000 et le nombre de sinistrés à 2,4 millions de personnes, sans abri, sans ressources, et disposant d’un accès encore limité à l’aide alimentaire, médicale et humanitaire. Yangon et le delta de l’Irrawaddy ont été déclarées zones de catastrophe naturelle.

Médecins du Monde a renforcé son équipe locale préalablement implantée sur un programme de lutte contre le VIH/Sida par l’envoi de 22 tonnes de fret, de deux véhicules et de personnels expatriés expérimentés dans la gestion des catastrophes naturelles. Malgré de grandes difficultés logistiques et administratives, Médecins du Monde a pu également se déployer en direction du delta de l'Irrawaddy .

Une équipe composée de soignants birmans, désormais seuls autorisés à se déplacer, intervient ainsi depuis

quelques jours à Kungyangon, localité de 80.000 personnes. Les principales pathologies sont les diarrhées et les infections respiratoires et cutanées. Depuis son arrivée, Médecins du Monde distribue abris et matériels de purification d’eau et dispense entre 200 à 300 consultations par jour.

BESOINS IDENTIFIES

Les besoins identifiés sont notamment des soins de santé primaire, l'accès à l’eau potable, les abris, des latrines, de la nourriture. De plus des pathologies endémiques, liées à la catastrophe et au manque d’hygiène apparaissent : infections respiratoires aigues, diarrhées, paludisme, malnutrition, etc. L’urgence absolument prioritaire aujourd’hui est l’accès à l’aide alimentaire et à l’eau pour les populations sinistrées isolées.

NOS ACTIONS EN BIRMANIE

Médecins du Monde s’est mobilisé aux premières heures du passage du cyclone. L’équipe de Yangon s’est mobilisée sur l’urgence dès le lendemain pour évaluer la situation et réaliser des soins de santé primaire en utilisant le stock médical présent sur place. Une opération d’urgence a été déclenchée en renfort dès le 05 mai, qui a abouti à l’arrivée de 2 logisticiens et de fret aérien les 09 et 12 mai. Le mandat confié aux équipes est de rétablir un accès aux soins de santé primaire et un accès à l’eau pour les populations des townships les plus pauvres de la capitale, de sa périphérie et des zones du delta de l’Irrawaddy. Les activités prévues se déclinent autour des axes suivants :
· Mise en place de structures de soins de santé primaire mobiles : activités de consultation générale, surveillance nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans, soins infirmiers, ...
· Mise à disposition de médicaments essentiels, de matériel médical et de consommables
· Mise à disposition d’eau potable pour les structures de soins et la population
· Activation d’un système de surveillance épidémiologique et mise en œuvre de réponse d’urgence aux épidémies, si nécessaire

Au 30.05.2008, cinq équipes médicales mobiles ont été formées et déployées dans les zones affectées. Les expatriés ne pouvant pas se rendre encore en dehors de Yangon, ces équipes sont composées exclusivement de personnel birman (1 médecin, 1 infirmier, 1 sage-femme, 1 chef d’équipe-logisticien et 1 assistant pharmacien par équipe).

Les équipes de Médecins du Monde venu en renfort, (expérimentés dans la gestion des catastrophes naturelles) ont réalisé des formations intensives à Yangon à ces équipes nouvellement recrutées (méthodes d’évaluation rapide, recueil épidémiologique, suivi nutritionnel, protocoles thérapeutiques d’urgence et utilisation de médicaments essentiels,…) qui partent ensuite dans les zones préalablement identifiées pour une évaluation-action (mise en place de consultations mobiles simultanément à l’évaluation médicale de la zone) pour la semaine.

Les actions de notre ONG sont menées dans la grande périphérie de Yangon (plusieurs sites), dans le delta de delta de l’Irrawaddy :

- Kunyangon (7 villages),
- Pyapon (6 villages),
- Didaye (7 villages),
-Bogale (début d’activités le 4 juin).

Un total de 768 consultations, dont 18% d’enfants, a été réalisé au cours de la semaine - 1 au 6 juin

RESSOURCES HUMAINES

L’équipe du projet long-terme est présente sur Yangon et compte 6 expatriés et 61 collaborateurs nationaux

L'équipe arrivé en renfort est composée :

- 2 personnes coordination médicale d’urgence
- une sage-femme
- 2 logisticiens

LOGISTIQUE

- 2 fret d'un total de 30 tonnes de matériel, kits médicaux (médicaments de bases, kit catastrophe, traitement du choléra, sérums antitétaniques, antipaludiques, ...), eau et assainissement, tentes, bâches plastiques, générateurs,

- Le matériel est arrivé à bon port lundi 12.05 au matin ; il a pu être déchargé sans encombre et stocké par nos équipes sur place. MdM est la premier ONG qui a réussi à obtenir les autorisations d’atterrissage sur Yangon et apporter une aide significative en matériel médical et non médical.

6 juin 2008



Birmanie 4 Juin 2008

Dr Francoise Sivignon, responsable de la mission en Birmanie

Dépassée par l’ampleur de la catastrophe mais également pressée par ses principaux partenaires économiques asiatiques, la Birmanie a timidement ouvert ses frontières à l’aide internationale. Un mois après le cyclone qui a dévasté le Sud du pays et après les déclarations récentes des autorités birmanes en faveur d’un déploiement sans conditions de l’aide internationale, qu’en est-t-il de cette aide dont dépendent encore des centaines de milliers de personnes ?

Sur le terrain, les conditions sont encore loin d’être remplies pour que l’aide arrive dans des délais rapides et soit utilisée dans des conditions optimales. En effet, les contraintes auxquelles nous faisons face quant à la délivrance de visas humanitaires pour nos expatriés et l’accès aux zones les plus sinistrées restent inchangées.

Cependant, grâce à 5 équipes composées de soignants birmans, Médecins du Monde est largement opérationnel dans la grande périphérie de Rangoon mais aussi dans le delta de l’Irawady à Kungyangon, Dedaye, Pyapon et Bogale. Ces soignants birmans, travaillant pour certains depuis de nombreuses années avec MdM, apportent une aide effective aux plus vulnérables et vont au devant de populations qui n’ont, pour certains, pas reçus le moindre soutien. La mise en place de cliniques mobiles dans les zones affectées permet de subvenir à des besoins médicaux particulièrement en soins de santé primaire mais aussi à des besoins en eau potable et en abris. De plus, notre ONG met en place une surveillance nutritionnelle pour les enfants de moins de 5 ans ainsi qu’un système de surveillance épidémiologique dans des zones où les structures sanitaires ont été détruites et le personnel médical est manquant.

Alors que des jours de souffrance se profilent pour ceux qui sont sans

abri et sans moyen de subsister, Médecins du Monde réitère auprès des autorités birmanes sa demande d’un accès facilité aux zones sinistrées et d’une levée des entraves au déploiement encore vital de l’aide humanitaire. L’urgence d’une aide nutritionnelle, en eau potable et en soins médicaux doit être prise en compte et la pression de toute la communauté internationale doit être maintenue afin qu’une nouvelle catastrophe meurtrière ne vienne encore endeuiller ce pays fragile.


La Birmanie, 18 jours après le cyclone

Dans un pays parmi les plus pauvres d’Asie du Sud-est, le cyclone qui a ravagé le Sud est venu dévaster l’immense territoire de cinq zones côtières. Près de 3 semaines après ce désastre et après des centaines de milliers de morts, les survivants affamés et la communauté internationale n’ont pas fait bouger la ligne politique d’une junte militaire au pouvoir depuis plus de 40 ans : pas de déploiement massif de l’aide internationale sur le sol birman. Tout au plus la perspective dans les jours qui viennent de laisser intervenir des travailleurs humanitaires des pays voisins, membres de l’ASEAN. La junte au pouvoir garde un contrôle total des territoires sinistrés.

En effet, bien que les équipes de Médecins du Monde soient à pied d’œuvre depuis le 3 Mai, leurs activités restent strictement encadrées. Nous avons laborieusement

obtenu l’autorisation de réceptionner l’intégralité des 22 tonnes de matériel arrivé par avion cargo le 12 Mai et le fret a été stocké dans des locaux sécurisés de MdM. Dans une capitale où les transports et l’électricité n’ont pas été rétablis, le dispensaire de Rangoon est l’objet d’une réhabilitation des bâtiments endommagés tout en restant ouvert aux bénéficiaires habituels. Plusieurs missions exploratoires ont permis la mise en place de cliniques mobiles dans la grande périphérie de la capitale en particulier à Thanlyin et Dagon où 80 % de l’habitat est détruit. Les sinistrés ont trouvé refuge dans des monastères ou des écoles ; ces dernières risquent être réquisitionnées pour permettre la tenue du vote sur le texte Constitutionnel qui n’a pas encore eu lieu dans les zones dévastées par le cyclone et les sinistrés se retrouveront une fois de plus sans abri alors que les pluies diluviennes de la mousson s’abattent sur la région.

Depuis le 12 Mai, les expatriés ne peuvent plus sortir de Rangoon et nous avons en conséquence renforcé notre équipe soignante birmane afin de poursuivre nos activités dans la zone du Delta de l’Irrawaddy. Médecins du Monde intervient dans la localité de Kungyangon, 80.000 habitants, pour porter assistance et soigner les sinistrés.

Le libre accès aux populations meurtries se heurte donc à des contraintes de tout

ordre et l’Etat birman ne fléchit pas alors que l’aide est encore très insuffisante. Nous aurons besoin rapidement de matériel médical, de kits d’épuration d’eau et d’abris pour faire face aux besoins immenses de la population. En conséquence, nous demandons au gouvernement birman d’alléger les contraintes administratives entravant les activités de solidarité internationale et de faciliter l’accès aux zones dévastées par le cyclone. Après l’échec des multiples pressions diplomatiques, on ne peut que souhaiter que l’ultime recours que représente l’intervention des pays de la région infléchisse la dure ligne politique des autorités birmanes.

22 mai 2008




Suite aux manifestations pacifiques réprimées dans le sang à l’automne 2007 par le régime, la Birmanie connaît une situation difficile tant d’un point de vue politique qu’économique. Isolée sur la scène internationale, la junte militaire au pouvoir ne bénéficie que du soutien de quelques uns de ses voisins, la Chine en tête. Sur le plan sanitaire, le virus du SIDA continue son expansion, faute de réponses adaptées aux problématiques liés à la prostitution et à l’usage de drogue par voie intraveineuse.

PRÉVENTION ET SOINS DES IST ET DU VIH à Yitkyina (Kachin) et Yangon

Activités :

MdM agit sur la prévention et l’accès aux soins des IST et du VIH / Sida auprès des personnes se prostituant et des usagers de drogue, y compris l’accès aux ARV.
Principales activités pour les personnes se prostituant (Yangon) :
• sessions de prévention du VIH / Sida, soins gratuits pour les IST et les infections opportunistes ;
• ateliers récréatifs dans nos centres d’accueil de jour et distribution de préservatifs.
Principales activités auprès des usagers de drogues (Etat du Kachin) :
• promotion des méthodes de réduction des risques dans les lieux d’injection ;
• distribution de seringues (410 000 en 2007) ;
• sessions de prévention/éducation ;
• soins gratuits pour les IST et les infections opportunistes ;
• ateliers récréatifs dans les centres d’accueil de jour.

Perspectives :

Sur Yangon, MdM va poursuivre la prise en charge globale des bénéficiaires. Dans l’Etat du Kachin, les efforts seront maintenus sur le projet de substitution à la méthadone couplé à l’administration d’ARV
sous réserve d’une évaluation prévue en 2008. Poursuite des activités de plaidoyer auprès des autorités
sanitaires birmanes et de réseaux internationaux afin de promouvoir les activités de prévention et de
soins auprès des plus marginalisés.

Birmanie decembre 2007

Mai 2008